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27/04/01

Boutros Boutros-Ghali
Secrétaire Général
de la Francophonie

Permettez-nous une petite entorse à notre règle qui est de réserver cette rubrique à des interviews de français ou de francophiles vivants en Australie. Mr Boutros Boutros-Ghali ne réside pas en Australie mais il a été Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies (ONU) de 1992 à 1996 et il est depuis 1997, Secrétaire Général de la Francophonie.
Marie-Laure Sorel a eu l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises en Europe. Ces rencontres informelles lui ont permis de découvrir un homme brillant, à l'humour pétillant et au grand sens de la répartie.


Mr Boutros Boutros-Ghali, vous êtes égyptien, vous parlez l 'arabe, l'anglais, le français…quelle a été votre première langue ? Vos parents parlaient-ils le français ? Avez-vous suivi des études en français, en France ?

Ma langue maternelle est évidemment l'arabe. La majorité de mes livres ont été écrits en arabe, je rêve en arabe, je me dispute avec ma femme en arabe! Mais j'ai, très tôt, été baigné dans la langue française. Mes parents parlaient le français. Et c'est même dans cette langue qu'ils me réprimandaient, en présence des domestiques, afin que ces derniers ne puissent saisir le sens de leurs remontrances. Plus tard, j'ai fait mes études au lycée franco-égyptien d'Héliopolis. Plus tard, encore, en 1946, après avoir passé ma licence à la faculté de droit du Caire, je suis venu m'installer à Paris, dans le Quartier latin, pour préparer ma thèse de doctorat.

L'Egypte n'est pas un pays francophone. Que représente pour vous le fait de parler français ?

Le fait est que la participation de l'Egypte au premier Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage, à Paris, en 1986, a étonné beaucoup de monde. Mais cette entrée remarquée de l'Egypte dans la Francophonie témoigne, par-delà les liens culturels, historiques et affectifs profonds qui la lient à la France depuis la campagne de Bonaparte, d'une volonté d'être. Une volonté d'indépendance tout d'abord, puisque la langue française, continue à jouer le rôle historique qui a été le sien dans la lutte de l'Egypte, depuis le milieu du 19ème siècle, pour son indépendance nationale contre l'Empire ottoman, puis contre l'occupation militaire britannique. La volonté aussi, et surtout, de s'ouvrir toujours plus sur le monde.

Le français est-elle la langue dans laquelle vous vous exprimez avec le plus de finesse, de précision ?

Il est difficile de trancher, parce que je m'exprime aussi bien et aussi volontiers en français qu'en arabe. Je crois quand même que c'est en français que je parviens à m'exprimer avec le plus de nuances.

Dans quelle langue avez-vous fait votre plus belle déclaration d'amour ?

Encore une question difficile…mais, après réflexion, je dirais… en français.

A travers votre vécu, vous ressentez le français plutôt comme une langue émotionnelle ou intellectuelle ?

Tout dépend du contexte. Lorsque je rédige un texte juridique, je ressens le français comme une langue intellectuelle. Lorsque j'écris une lettre ou un texte plus personnel, ça devient pour moi une langue émotionnelle.

Vous sentez-vous personnellement concerné et touché lorsque des difficultés et des conflits se produisent dans pays francophones ?

Tous les conflits se valent à mes yeux, qu'ils concernent des pays membres de la Francophonie ou non, et tous méritent l'attention et l'assistance de la communauté internationale, comme ils méritent que les diplomates s'emploient à trouver un règlement pacifique.

En tant que Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie, avez-vous un réel pouvoir de pacificateur ? Dans quels pays intervenez-vous le plus souvent ?

L'Afrique est au cœur de mes préoccupations. Car il faut bien reconnaître que si la fin de la guerre froide n'a pas mis un terme aux conflits en Afrique, elle a, en revanche, réduit considérablement l'intérêt stratégique de ce continent. Le risque majeur pour l'Afrique, c'est donc d'être abandonnée par la communauté internationale. C'est de voir l'indifférence se retrancher derrière l'alibi de la non ingérence. Là encore, comme, je le disais, il faut que la communauté internationale, dans son ensemble, prenne ses responsabilités en matière de sécurité, partout dans le monde, et singulièrement en Afrique.
C'est, en tout cas, dans cet esprit, que l'Organisation internationale de la Francophonie mène des missions de médiation, de conciliation, souvent longues et difficiles, mais qui témoignent de l'intérêt et de la disponibilité constante de notre institution, tant avant, que pendant, et après la résolution des conflits. C'est ainsi que depuis 1998, date à laquelle la Francophonie politique et diplomatique est véritablement entrée en action, nous sommes présents au Togo, en République démocratique du Congo, au Burundi, en République centrafricaine, aux Comores.

Existe-t-il un bureau ou une antenne de la Francophonie en Australie ?

Nos bureaux régionaux sont implantés dans les pays membres. Et l'Australie n'est pas membre de l'Organisation internationale de la Francophonie. Il n'en demeure pas moins que la francophonie ne saurait se limiter aux frontières de son espace institutionnel. Il y des francophones et des francophiles en Australie, en Italie, aux Etats-Unis, au Japon, en Russie…partout dans le monde, bien au-delà des 55 Etats et gouvernements qui ont rejoint officiellement la communauté francophone. A cet égard, je crois que la francophonie peut véritablement, grâce aux outils modernes de communication, et particulièrement l'Internet (1), trouver un nouveau souffle. Nous avons aujourd'hui la possibilité de dialoguer avec tous ces francophones de par le monde qui expriment souvent le désir ardent d'être plus étroitement associés à nos projets. Et c'est cette francophonie sans exclusive, ouverte sur le large, que je m'attache, pour ma part, à promouvoir.


(1) le site internet de l'Organisation Internationale de la Francophonie : http://www.francophonie.org


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