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14/03/01

CORINNE BOT
Choisir son pays, ça rend plus fort!


Corinne Bot est connue dans la communauté française en tant que fondatrice et directrice de Polyglot Personnel, une agence de recrutement bilingue et "cross-culturelle". Diplômée en Ressources Humaines, cette jeune femme est effectivement pleine de ressources… Elle porte en elle le génie et l'énergie de concrétisation. L'Australie lui a donné la force de se réaliser pleinement.

- Corinne, vous vivez en Australie depuis 12 ans, qu'est-ce qui a motivé votre choix ?

L'Australie n'a pas été mon choix au démarrage. J'avais 23 ans, mon mari (à l'époque on n'était pas mariés) avait été envoyé pour sa coopération. On est partis pour 18 mois et au bout de 6 mois on est tous les deux tombés amoureux de l'Australie. Mais avant de partir, l'Australie n'était pas un rêve. Pas du tout. A l'époque, je finissais mes études de Ressources Humaines. J'ai rencontré mon mari 5 semaines avant qu'il ne parte faire sa coopération, la veille de mon dernier examen pour ma maîtrise. Je suis partie deux mois et demi après pour le rejoindre. J'ai fait un seating à l'immigration pour avoir un visa de travail. Ce n'était pas évident.
J'ai tout de suite cherché du travail parce que j'aime bosser mais aussi parce que financièrement c'était pas ça ! Et travailler, c'est ce qu'il y a de mieux pour s'intégrer ! Je pensais que mon anglais était excellent ! J'ai eu un choc, je ne comprenais pas grand chose. Et le premier boulot que j'ai eu, c'était un boulot de télémarketing, donc au téléphone ! Je me suis toujours demandée comment l'agence avait pu me donner ce poste. Mais en fait je suis rapidement devenue la meilleure vendeuse. On vendait des billets de loterie pour la sclérose en plaque et avec mon accent français, je passais très bien. Ca m'a donné confiance en moi.

- Alors vous êtes rentrés en France tous les deux après la coopération ?

Oui, et quand on a décidé de repartir, j'étais enceinte de ma fille qui va avoir 9 ans maintenant. Et là, on est revenus par choix. Pendant un peu plus de 2 ans j'ai fait des petits boulots qui n'étaient pas de mon domaine parce que je ne maîtrisais pas assez l'anglais pour être dans les ressources humaines. Et d'autre part, les lois australiennes sont différentes des lois françaises. J'aurais pu retourner à l'université mais ça coûtait très cher. Alors ensuite je suis rentrée dans un gros cabinet de recrutement à Sydney. J'y suis restée pendant 5 ans. Jusqu'à ce que mon mari soit muté à Perth. Là, j'ai cru qu'on allait divorcer parce que quand je ne travaille pas c'est l'horreur. C'est là que j'ai eu mon fils. On y est restés 15 mois et ça fait 5 ans qu'on est revenus sur Sydney.

- Aviez-vous l'intention de retravailler dans le recrutement ?

En fait ce sont mes anciens clients qui m'ont appelée dès qu'ils ont su que j'étais de retour. Ils cherchaient un contrôleur financier. Je leur en ai trouvé un et j'ai commencé à me remettre dans le bain avec ce premier contrat. Mais j'ai recommencé toute seule, de chez moi, en pensant que j'allais être consultant indépendant. Mon fils avait 6 mois. Et en fait, ça a bien marché. J'ai créé Polyglot Personnel et j'ai engagé une secrétaire et une assistance parce que j'avais pas mal de clients. Et là, on va arriver à la cinquième année et nous sommes 20 personnes. Au début j'étais spécialisée dans la clientèle française mais maintenant j'ai des départements japonais, chinois, allemand, espagnol, italien. On est spécialisés bilingue et multiculturel. Disons en cross-culture. On place aussi des gens qui connaissent la culture de l'entreprise et son pays d'origine.

- En ce qui vous concerne, avez -vous eu du mal à vous adapter à l'Australie ?

Non, je n'ai pas eu de difficultés. Mais c'est plus facile quand on arrive à 23 ans. Mon mari et moi nous n'avions jamais vécus ensemble avant. Moi je sortais presque de chez mes parents. A cet âge là on n'est pas finis en tant qu'adulte. Ca a été facile pour s'adapter et s'intégrer parce qu'on a tout bâti ici. On a aimé le climat, la façon de vivre, les opportunités… Ici on était reconnus pour ce que l'on faisait et non pour notre carte de visite. Et dans la rue, dès qu'on sortait une carte pour se repérer, les gens venaient tout de suite pour nous aider. Je venais de Paris et au début je restais sur la réserve, je me demandais ce qu'on me voulait.

- Depuis 12 ans, l'Australie a-t-elle changé au niveau de cet esprit d'entre-aide ?

Oui, un peu. C'est normal, plus il y a de monde, moins on est attentif à l'entourage. Mais je vois à Sydney, les gens sont très ouverts. Pour moi, Melbourne c'est une ville plutôt européenne. Sydney, c'est multiculturel, c'est la "Fruit Salad". Tout le monde garde son identité et tout le monde est mélangé et ça fonctionne très bien. Tous les australiens sont des australiens d'origine quelque chose. Et c'est pas un problème. Dans les écoles, le nombre d'enfants qui parlent plusieurs langues est effarant. Et les gens veulent garder leur culture d'origine et ils y arrivent. Ce que j'apprécie aussi ici, c'est que vous pouvez avoir à la même table, un maçon, un président directeur général de société…Moi, c'est ce que j'aime ici.

- Est-ce cette liberté d'être soi-même que vous appréciez ?

Oui, voilà. Moi je vis cette liberté d'être moi-même, avec le sentiment que tout est possible. Et c'est vrai, tout est possible. Je n'aurais jamais fait ce que j'ai fait là, en Europe. Non pas parce que je n'aurais pas été capable mais parce qu'en Europe c'est plus difficile d'installer quelque chose et de commencer comme ça. Je n'aurais pas été aussi entreprenante. J'aurais choisi la voie classique dans une DRH de grosse société. Je n'aurais pas été ni plus heureuse ni plus malheureuse. Ca aurait été complètement différent. Maintenant je sais que le fait de choisir son pays, ça rend fort. C'est clair. Je suis fondamentalement française mais je suis australienne par choix.

- Ressentez-vous des manques par rapport à la France ?

Non, pas pour l'instant. Bien sûr les gens me manquent. Mais pas le pays en tant que tel. J'ai perdu ma grand-mère, je n'ai pas pu y être. Ce n'est pas facile et ça fait réfléchir… J'aime aller en France mais au bout de 10 jours j'étouffe. Ca va peut-être aller un peu mieux mais je trouve que les gens étaient assez moroses ces dernières années. Quand on part pour faire sa vie à l'étranger on n'a plus les mêmes priorités. Ca c'est difficile à vivre quand on revient dans son pays d'origine. Aujourd'hui certaines choses me paraissent insignifiantes alors que pour eux là-bas, ça ne l'est pas. Il y a un décalage. Mais ce qui est important pour mon mari et moi c'est que l'on puisse se réaliser respectivement dans ce que l'on fait.

- Avez-vous quelques conseils pour être heureux ici ?

Le secret pour être heureux…ailleurs que dans son pays d'origine, c'est d'accepter les choses comme elles sont. J'entends des gens qui se plaignent, oui mais ici on n'a pas ci, on n'a pas ça. Oui, mais on n'est pas en France. En ce qui me concerne, l'Australie n'était pas un rêve. Je ne me suis pas fait de plan. Je n'ai pas été déçue et je n'ai pas été agréablement surprise. Je n'ai fait que constater. Et j'ai constaté que ça me plaisait. En plus, construire un couple loin de son pays, ça renforce les liens. Mon mari, c'est aussi mon meilleur ami.

-Quels conseils donneriez-vous à un français qui cherche du travail en Australie ?

Et bien qu'il vienne me voir ! (rire) Avoir un bon anglais c'est très important; être aussi prêt à redescendre. Pas pour longtemps mais redescendre. Quand on arrive dans un autre pays il faut savoir se recadrer avant de pouvoir faire ce que l'on veut. Les australiens n'aiment pas les gens qui ont la grosse tête. Quand on recommence dans un autre pays, il faut avoir de l'humilité. Et ici, c'est plus facile d'être soi-même et de faire sortir les potentiels qu'on porte en soi. Et c'est fabuleux !

- Quels sont vos projets ?

L'agence de Sydney est bien installée et celle de Melbourne va devenir aussi importante. L'Australie est pratiquement couverte. Maintenant j'envisage l'Asie Pacifique. J'ai aussi signé un accord avec la chaîne de franchise RH Partner en France et en Europe. Eux vont me représenter là-bas et moi ici pour ce qui concerne les CV "executive". Moi, je ne m'occupe plus que de la gestion des deux agences et je fais tout ce qui est "executive search". Les cadres supérieurs. Et ceux-là, il faut aller les chercher de part le monde. Dernièrement, une entreprise recherchait un directeur financier de haut niveau spécialisé dans un domaine. Je savais qu'il n'y en avait que deux ou trois au monde.
Je suis également à la présidence du board du lycée français de Sydney, sur le board des 2 Chambres de Commerce - Sydney et Melbourne - et j'ai été nommée conseillère du Commerce Extérieur. Sinon, je vais avoir 35 ans et je compte bien lever le pied d'ici 5 ans. Mais en 5 ans, on peut en faire des choses !


Corinne Bot
Director
Polyglot Personnel
169 Dowling Street
Wooloomooloo - NSW 2011
Tel: (02) 9380 2399
Fax: (02) 9380 2331
Email: corinne@polyglot.com.au
or
Level 7, 505 St Kilda Road
Melbourne - Vic 3004
Tel: (03) 9868 1613
Fax: (03) 9820 0777


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