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2/04/01

FREDERIQUE FOUCHE
Une actrice française à Sydney


Frédérique Fouché est une vraie comédienne. Amoureuse de son métier, passionnée, passionnante, touchante, fragile et forte à la fois…mais sans une once de superficialité ou de faux-semblant. Une actrice française en Australie. Un oiseau rare ! Voire unique !

- Frédérique, depuis quelle année vis-tu en Australie et pourquoi avoir choisi ce pays, bien loin de ta France natale?

Je suis en Australie depuis 92. Au départ, j'ai été auditionnée en France pour venir faire un tournage pour une sorte de jeu télévisé qu'on nomme ici "Video Board Game". Ce jeu s'appelle "Nightmare" en Australie et "Atmosphère" en France. Mon personnage, c'était une sorcière du moyen-âge qui a vraiment existé et qui a été brûlée à l'époque sur un bûcher. Ils cherchaient donc une comédienne avec un accent français et j'ai eu la chance d'être sélectionnée. Voilà comment je me suis retrouvée à travailler en Australie.
Et là, sur le tournage, je suis tombé amoureuse du metteur en scène de la version française de l'émission. Histoire classique pour une actrice ! Nous nous sommes mariées et nous avons eu un enfant. Voilà. Ensuite, j'ai fait des aller-retours entre la France et l'Australie suivant mes contrats. Je faisais du théâtre en France et de la télé en Australie. Et j'ai décidé ensuite de m'installer en Australie pour être avec mon mari et mon fils.

- Quel est pour toi la différence entre l'état d'esprit australien et l'état d'esprit français?

La différence? Oui, il y en a une. Et ça se remarque dès l'enfance. Je vois par exemple mon enfant qui est dans une école bilingue français-anglais, l'école de Caulfield North dans la banlieue de Melbourne. Dans l'éducation française, il y a une place importante donnée à l'histoire, à la géographie, aux racines, à la culture. Et du côté australien, le plus important, c'est la personne, les relations avec les autres. Je vois ça dans son éducation à l'école et je me rends compte de la même chose dans la vie de tous les jours. Les australiens sont très ouverts, charmants, adorables, très agréables à vivre, mais au niveau des racines, du passé, il n'y a pas grand chose. Et comme moi, j'ai baigné dans cette importance des racines durant toute mon enfance et mon adolescence, c'est ce qui me manque ici. En fait, ces deux types d'éducation sont complémentaires à mon avis.
Les enfants australiens sont vraiment adorables, plus calmes, plus respectueux. Et c'est mignon, ils ne disent presque pas de gros mots. Ce n'est pas dans leur culture.

- Est-ce un plus en Australie d'être française d'après toi ? Est-ce que le fait d'être française, avec ton accent, ton style français…t'as plutôt ouvert des portes en Australie?

Je n'ai jamais eu de problème ou senti d'hostilité du fait que j'étais française. Ah si! Au moment des essais nucléaires. Mais là, j'en avais marre d'être agressée alors je disais que j'étais belge ! Mais à part ça, je pense que les français ont toujours été bien acceptés en Australie. Les hommes français ont d'ailleurs du succès auprès des australiennes.

- Frédérique, comment t'es venue l'idée et l'envie d'être actrice? Vocation ou hasard?

Non, non, vocation! J'ai toujours rêvé d'être comédienne. J'ai écrit et joué ma première pièce de théâtre à 6 ans et demi avec ma petite sœur devant ma famille et les voisins. Et avant ça, j'organisais de petits spectacles de marionnettes pour mes copines et ma sœur.

- Tu es probablement la seule actrice française professionnelle à vivre en Australie.
Alors en tant qu'actrice, le fait d'être française est-il un atout pour toi ou est-ce que cela n'influence presque jamais le choix des réalisateurs avec lesquels tu travailles ?

Oui et non. Ca a été important au début mais maintenant, de moins en moins et j'essaye d'ailleurs de ne pas avoir l'étiquette de l'actrice française. Mon métier, c'est comédienne. C'est mon appellation première. Le fait d'être d'origine française, ça vient ensuite.
Le cinéma en Australie s'ouvre énormément. A la télé, on voit de plus de plus des acteurs de nationalités différentes comme des asiatiques par exemple. Au niveau international, le problème des australiens, c'est leur accent. Les américains ne tienne pas trop compte de l'accent…du moment que ce n'est pas un accent australien ! Quand un australien joue dans un film américain, il doit prendre l'accent américain. Ce n'est pas toujours possible. Mais mon petit accent français, ça va, pas de problème ! C'est pour ça que je travaille beaucoup maintenant avec les américains. Ils viennent tourner de plus en plus en Australie car ça leur revient beaucoup moins cher.

- Tu as tout de suite travaillé en tant que comédienne en Australie. Était-ce difficile de jouer en anglais, d'exprimer des sentiments dans une autre langue que la tienne?

Oh, oui, au début, mais chaque jour, je lisais les journaux, je regardais la télé, et je notais tous les mots que je ne comprenais pas pour les apprendre. J'ai tout fait pour progresser le plus rapidement possible. Je lisais le journal chez moi avec des cailloux dans la bouche, parce que ça m'obligeait à travailler mon accent.
Aujourd'hui, ça m'arrive toujours de faire des "voix" avec un accent français, pour vendre des pubs sur un voyage à Paris par exemple, mais mon accent français n'est plus représentatif. Dans ce style de messages, les réalisateurs recherchent un fort accent français qui fait "leuleuleuleu", un accent qui n'existe même pas en France en vérité!

- Que penses-tu du cinéma australien? Est-il plus proche du cinéma américain ou du cinéma français?

En fait, il n'est proche de rien le cinéma australien. Il ne ressemble à aucun autre. Il est de très bonne qualité, principalement parce qu'il ne reçoit pas beaucoup d'aide du gouvernement. Alors les films qui sortent sont triés et seuls quelques uns se voient accorder une aide financière. Ceux là sont donc de très bonne qualité. Il n'en sort que 10 à 20 par an. Le cinéma australien est difficile à définir mais il se reconnaît. Il a un sceau. Beaucoup de films australiens montre leur pays, les grands espaces…Dernièrement, j'ai vu un film australien que j'ai adoré, c'était "The Dish".

- As-tu une actrice ou un acteur fétiche, une comédienne préféré ?

Juliette Binoche. Elle est belle, nature, vraie, et elle respire l'intelligence. Elle n'a pas besoin d'en faire trop. J'adore aussi Robert de Niro. Ce sont de vrais grands acteurs.

- Comment se passe le tournage d'un film en Australie? Est-ce différent d'un tournage en France ?

Je ne peux pas vraiment faire de comparaisons parce qu'en France, j'ai surtout fait du théâtre. Mais j'adore travailler avec les australiens. D'ailleurs, les américains qui viennent tourner des films ici disent aussi que c'est fantastique de travailler avec des équipes australiennes. Par exemple, aux Etats-Unis, pendant le tournage, il y a les comédiens d'un côté, les techniciens de l'autres…il y a des groupes séparés comme ça qui ne communiquent pas bien entre eux. Je crois que c'est pareil en France. En Australie, on est tous mélangés, on forme tous une équipe bien soudée, c'est très agréable. Il n'y a pas de sous-position. Ca permet aussi de beaucoup mieux travailler. C'est formidable.
J'aime beaucoup le théâtre pour ça aussi parce que c'est un vrai travail d'équipe. Il n'y a pas de "chichis" comme dans le cinéma aux Etats-Unis. Il n'y a pas de moyens, alors c'est la sincérité qui joue. Il y a 4 ou 5 semaines de répétition, un travail sur la pièce, les personnages…et puis après, c'est une offrande au public.
Mais bon, j'ai eu la chance de travailler en général avec de très bonnes équipes et de toute façon, je n'aime pas les embrouilles, alors je les évite.

- Tu as vécu à Melbourne autant qu'à Sydney. As-tu une préférence. On dit que Melbourne est plus européenne. Est-ce aussi ton avis ?

J'adore Melbourne. Les gens sortent beaucoup à Melbourne alors que j'ai l'impression qu'à Sydney, les gens restent plus chez eux, invitent chez eux. Et puis Melbourne, pour moi, c'est la ville australienne des arts, de la culture, alors que Sydney, c'est la baie, la plage. Et moi, je ne suis pas du genre à faire le lézard sur le sable ! Je pense en effet que Melbourne a un caractère plus européen. C'est peut-être pour ça que j'y suis si bien.

- Est-ce que la France te manque encore aujourd'hui ?

Non, pas vraiment. Des gens me manquent en France bien sûr mais la France en elle-même, non, pas tellement. Moi, je vivais à Paris, alors Paris, c'est la ville de la culture par excellence , avec ses cinémas, ses théâtres, ses musées, mais en fait, quand on vit à Paris, on n'en profite pas, on court tout le temps. Alors qu'en Australie, il y a peut-être moins de choses à voir et à faire mais au moins, on a le temps d'en profiter. J'adore l'Australie.
Par contre, j'ai aussi besoin de voir de amis français ici. Il n'y a rien de tel que des français pour avoir de vraies discussions, pour passer des soirées à rigoler et à refaire le monde en buvant un bon verre de vin. Je crois qu'une bonne soirée pour un français c'est d'abord de bonnes discussions avec des amis. Pour un australien, c'est quand il se réveille le lendemain avec un mal de tête parce qu'il a bien bu la veille. Non, je blague, c'est très caricatural mais bon…pas totalement faux!
Quand on invite des australiens à dîner, ils prennent l'apéritif en cinq minutes et ils s'en vont souvent après le repas. Avec des français, c'est différent ! On s'assoit, on boit un coup, on discute, on ne se met à table que vers neuf heures du soir et ensuite, on continue à discuter, à écouter de la musique ou à se raconter des trucs jusqu'à minuit, une heure du matin. C'est plus chaleureux. Et puis on s'embrasse, on se prend dans les bras. Les australiens ne font même pas la bise. Ils sont adorables, mais un peu froid.

- Quels sont tes projets, tes rêves ?

Oh, la, la, j'ai plein de rêves. Il y a de nombreux réalisateurs avec lesquels j'aimerais travailler, j'aimerais aussi écrire des scénarios. J'ai commencé à écrire des courts-métrages d'ailleurs. J'aimerais tourner plus souvent et faire d'autres pièces de théâtre aussi. Ce n'est pas toujours facile car la production australienne n'est pas très importante. Et le statut d'intermittent du spectacle n'est pas reconnu en Australie comme en France. Ici, entre deux tournages, on n'a aucune indemnité, on est au chômage. Si la période est longue, on doit faire des petits boulots ou donner des cours. En France, si on peut réunir un certain nombre d'heures de travail dans l'année, on est considéré "intermittent du spectacle" et on touche des indemnités quand on ne tourne pas. C'est une sécurité car, évidemment, ce métier est aléatoire. Heureusement, l'Australie attire maintenant des équipes et des réalisateurs européens et américains qui apportent de l'eau au moulin de la production australienne. En fait, le cinéma a beaucoup d'avenir ici.

- Imaginons qu'un réalisateur célèbre t'appelle pour te proposer le rôle principal dans un grand et beau film. Préfèrerais-tu que ce soit un film australien, français ou américain?

Aucune importance ! N'importe où, j'y vais ! Je me déplace ! Même si ce n'est pas un grand film d'ailleurs. Si le rôle m'intéresse, j'y vais ! Théâtre, cinéma, télé, pas de problème, je suis partante. Mon métier, c'est plus qu'un métier pour moi, c'est une passion ! Quand je ne joue pas, ça me manque ! C'est un métier exigent mais très prenant. Dans un tournage, il se crée tout de suite des liens très forts avec les autres membres de l'équipe, avec les acteurs, le metteur en scène, le réalisateur. En tant que comédien ou comédienne, on doit se mettre tout de suite à nu. On doit tout donner. On ne peut pas prendre le temps de se connaître et de se dévoiler petit à petit en commençant par bonjour, comment ça va, qu'est-ce que tu fais dans la vie…non, on se donne à fond, tout de suite, sans honte, sans masque. La pudeur n'est pas de mise. Pendant un tournage, avec l'équipe, on se sent vite très proches, on forme une famille. C'est pour ça qu'on voit des acteurs à Hollywood qui changent de partenaire tous les ans ou vivent des histoires d'amour éclair et passionnelles. Ca se comprend. Faire un film, c'est comme vivre une grande histoire d'amour, c'es bouleversant. J'adore !

Frédérique Fouché
fredfouche@yahoo.com


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