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21/03/01

PATRICIA POLITES
Consul Honoraire du Victoria
Patricia Polites est australienne, avocate, et elle a été nommée Consul Général Honoraire du Victoria début 2001, à la fermeture du Consulat de Melbourne.

- Patricia, la France a une place importante dans votre vie. D'où vous vient cette attirance pour ce pays?

Ca a débuté très tôt, à l'école, où j'ai commencé à apprendre le français puis plus tard,
après des vacances en Nouvelle-Calédonie, ça s'est confirmé. Ensuite, je suis allée suivre
des cours de français à l'Alliance Française pendant 12 ans et à Melbourne University. Je
suis devenue membre du Comité de l'Alliance Française je suis avocate agréée au
Consulat. Je suis également membre d'un Comité de Juristes Franco-Australien, membre
d'un groupe de femmes françaises et francophones et je participe avec mon mari à des
événements organisés par la Chambre de Commerce franco-australienne.

- Des voyages en France?

Oui, dès que mon mari et moi avons un peu de vacances, nous allons en France.

- Vous n'êtes pas mariée à un français pourtant?

Non, non, mais il adore la France comme moi. Et il est aussi avocat. Le Consulat Général
Honoraire est d'ailleurs dans les locaux de Haines & Polites Solicitors où nous travaillons
mon mari et moi, mais j'ai mon étude indépendante.

- Qu'appréciez-vous le plus en France et chez les français?

Oh, d'abord, j'adore la langue française. Et puis je crois qu'il y a une chaleur chez les
français. Oui, les français sont accueillants, chaleureux. Et cet esprit français se retrouve
dans la langue, la poésie, la littérature française. J'ai même passé des diplômes, des
spécialités - comme par exemple le Diplôme Supérieur de Français des Affaires - pour avoir plus d'opportunités de travailler pour des français dans mon métier. Ça me permet de vivre aussi ma passion pour la France dans mon travail.

- Avez-vous noté de grandes différences entre les lois françaises et les lois australiennes?

Je ne suis pas vraiment experte en droit français. Les procédures sont bien sûr très
différentes, par exemple pour le droit pénal. Mais pour le droit commercial ou de
propriété, au fond, on retrouve les mêmes principes de base, même s'il y a, me semble t-il,
des grandes différences, par exemple le droit des enfants, en ce qui concerne la
succession. En France, c'est de rigueur. Ici, c'est lié au testament. Mais au fond, c'est la
nature humaine qui régit le développement des systèmes juridiques. Il y a plus de
similitudes que de différences.

- Quand vous allez en France, qu'aimez-vous voir et retrouver?

J'aime beaucoup visiter les petits villages, les régions de France, mais quand je vais en
France, j'aime toujours aller aussi à Paris. J'adore Paris.

- Auriez-vous aimé naître en France?

Absolument. J'aurais aimé vivre en France. Ou alors j'aurais aimé que l'Australie
ressemble plus à la France. La France a une histoire si riche, si présente dans chaque
pierre, chaque église, c'est extraordinaire.
Bien sûr, l'Australie n'a pas cette histoire, c'est un pays neuf, mais heureusement, avec
les français ici, les italiens, les grecques, il y a une atmosphère de plus en plus européenne
dans les rues avec les cafés, les terrasses, les fêtes…

- D'après vous, que peut apporter la France et l'esprit français à l'Australie?

La chaleur et la spontanéité. Et puis il y a le style français. L'allure, l'élégance. Un style
indéfinissable. On aimerait connaître le secret du style français. Oui, les français peuvent
beaucoup apporter à l'Australie à mon avis. Ils ne sont pas assez nombreux ici !

- Vous avez été nommée Consul Général Honoraire à la fermeture du consulat de Melbourne. En quoi consiste votre rôle?

Le système maintenant, c'est d'avoir un Consul Général à Sydney pour toute l'Australie et
un Consul Honoraire par État. Je suis donc rattachée au Victoria.
Avant la fermeture du Consulat , j'étais déjà avocate agréée au consulat et je connaissais
les questions administratives liées à cette fonction. J'ai donc accepté ce poste et je suis
ravie d'être ainsi encore plus proche de la France et des français.
Il n'existe pas de cours ou de formation pour être Consul Honoraire mais je suis bien
aidée par Monsieur l'Ambassadeur à Canberra et par le Consul Général à Sydney. Ils
sont toujours disponibles pour répondre à mes questions.
Dans mes fonctions, il y a beaucoup de tâches administratives, pour remettre ou signer
des documents, des formulaires, des certificats, pour certifier des traductions... Et puis le
rôle du Consul Honoraire est aussi de faciliter les contacts et les rapports entre la France
et l'Australie. En fait, le rôle d'un Consul Général Honoraire est semblable à celui du
Consul Général mais avec certaines limitations. Par exemple, je ne suis pas habilitée à
signer les procurations, ni a donner de visas ou de passeports, ni a immatriculer les
français. Dans ce cas, les documents sont transmis à Sydney.

- Si un français du Victoria a besoin d'un conseil ou d'un document administratif, il vous appelle directement?

Oui, tout à fait. Je suis à leur service pour répondre à leurs demandes et si ce n'est pas
dans mes attributions, je transmets la demande à Sydney ou à Canberra.

- Qu'aimeriez-vous apporter de personnel ou de nouveau à la communauté française en Australie?

Je fais de mon mieux pour répondre aux besoins et aux demandes des français du Victoria
et aussi pour relayer ici le travail du Consulat à Sydney et de l'Ambassade, mais oui, j'ai
aussi personnellement envie d'apporter quelque chose pour les gens seuls par exemple, je
pense notamment aux français et françaises âgées qui sont isolés, loin de leur famille.
Parfois, les gens âgés d'un pays étranger ont même des difficultés en anglais, parce que
c'est la langue maternelle qui revient au détriment de la seconde langue. Je sais que Jeannine Sandmayer, la déléguée des français à l'étranger est elle aussi très sensible à ces questions. C'est important car ces personnes ont besoin d'un soutien. Je pense qu'il faut être solidaire dans une communauté, surtout quand on est loin de son pays d'origine.

- Avez-vous rendez-vous en France une ou deux fois par an pour représenter les français du Victoria comme doit le faire notre déléguée Jeannine Sandmayer au Sénat?

Non, je crois que mon "rendez-vous" sera seulement à Canberra. Oui, il y a une réunion
une fois par an au minimum à Canberra pour tous les Consuls Honoraires. Je voudrais
souligner que je ne représente pas les Français dans le Victoria, c'est la fonction de Mme
Sandmayer. Mon rôle est de les aider dans le domaine des tâches administratives.
Mais j'espère quand même que je pourrai continuer à aller en France de plus en plus.


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